diabète et droits sociaux
Affection
de longue durée (ALD), le diabète est souvent
montré du doigt. Employeur, assureur, sécurité
sociale, handicap… certaines relations professionnelles
et privées peuvent devenir source de tension.
Droit du travail
Première notion à connaître : il n’y
a pas d’obligation pour un diabétique de type 2
de déclarer sa maladie à son employeur. Et le
diabète de type 2 n’empêche en rien le patient
de continuer à travailler normalement. En revanche, il
est indispensable d’en parler à son médecin
du travail. Un employeur ne doit pas vous demander d’examen
médical avant de vous embaucher ni vous demander quoique
ce soit concernant votre état de santé. En revanche,
pour certains postes (sportifs, conduite d’engins…),
il est nécessaire de fournir un certificat d’aptitude
rédigé par un médecin.
La majorité des litiges au travail viennent plus d’un
problème d’acceptation du diabète que des
difficultés de gestion de la maladie sur le lieu de travail.
Certains spécialistes conseillent donc d’informer
au moins un de ses collègues, une personne de confiance,
qui pourra prendre des initiatives, par exemple en cas d’hypoglycémie
sur le lieu de travail.
Assurance
Acheter
une maison, une voiture, créer son entreprise…
Pour souscrire à un prêt bancaire, un diabétique
de type 2 est dans l’obligation de signaler sa maladie
à son assureur quand celui-ci demande un questionnaire
de santé. Inutile d’omettre de le mentionner :
aucun sinistre causé par le diabète ne sera pris
en charge… Et il est assez rare qu’un assureur passe
à côté d’une telle omission…
cela reviendrait donc à ne pas se couvrir !
Attention cependant : certaines compagnies considèrent
le diabète comme un risque aggravé. Elles peuvent
alors refuser d’assurer un prêt ou une prévoyance
décès. Pire encore, elles peuvent augmenter leurs
tarifs de 200 % !
Depuis plusieurs années, l’Association Française
des Diabétiques (AFD) négocie des tarifs normaux
avec une compagnie d’assurance. Uniquement pour leurs
adhérents. En savoir plus : www.afd.asso.fr
Permis de conduire
Les personnes atteintes du diabète de type 2 désireuses
de passer le permis B ont l’obligation de déclarer
leur maladie à la préfecture dont elles dépendent.
Elles obtiendront alors un permis de conduire temporaire (de
6 mois à 5 ans). A la fin de l’échéance,
un certificat médical d’aptitude à la conduite
délivré par un généraliste, permettra
de renouveler la licence.
En France, le permis poids lourd est retiré à
toute personne diabétique.
D’autres licences sont également soumises à
diverses conditions. Par exemple, il est impossible de piloter
un avion lorsqu’on est diabétique.
Sécurité sociale
Les malades
du diabète de type 2 sont remboursés à
100 %, puisque le diabète fait partie des 30 affections
de longue durée.
Seuls les diabétiques qui peuvent équilibrer leur
glycémie, sans avoir besoin de médicaments, ne
bénéficient pas du remboursement à 100
%.
Restez vigilants toutefois : certaines pharmacies pratiquent
des marges bénéficiaires sur les bandelettes ou
les lancettes : ces dépassements ne sont pas pris en
charge par la sécurité sociale.
Depuis janvier 2005, la nouvelle loi sur l’assurance maladie
imposant la participation forfaitaire de 1 € par consultation
s’applique aussi aux assurés à 100 %. Jusqu’en
juin 2005, les patients n’auront pas à payer ce
forfait, mais ils recevront une fiche récapitulative,
en juin, de toutes leurs consultations et la participation totale
à payer pour les 6 derniers mois.
Les soins de pédicure et podologie, indispensables au
moins tous les trois mois, sont très peu remboursés.
Allocations
Fatigue, complications, handicap… Lorsqu’un malade
ne se sent plus apte à travailler, il peut demander à
son médecin de faire une demande de pension d'invalidité.
La Cotorep (Commissions Techniques d'Orientation et de Reclassement
Professionnel), quant à elle, propose alors différents
arrangements : selon les degrés d’invalidité
:
- en cas d'incapacité à 50 %, vous pouvez demander
de travailler en mi-temps thérapeutique. Dans ce cas,
la sécurité sociale paye l’autre moitié
de votre salaire. Si vous perdez votre emploi, vous pouvez
bénéficier d’une allocation adulte handicapé
(AAH) d’un montant de 587,74 € / mois.
- en cas d’incapacité à 80 %, pour compenser
la perte d’un emploi, une pension d’invalidité
d’un montant égal à la moitié du
salaire moyen des dix dernières années, peut
être versé au malade faisant la demande. Vous
pouvez faire une demande d'allocation adulte handicapé
et également une demande de carte d’invalidité.
- en cas de retraite, pour les personnes de plus de 60 ans,
il existe l'allocation personnalisée d’autonomie
pour les personnes retraitées.
Selon le degré d’invalidité, des aides
ménagères à domiciles peuvent être
prorogées.
|
A savoir
Toute personne diabétique, ne présentant aucune
complication, peut être considérée comme
invalide à 20 %.
|